Sardaigne : un séjour de charme et une randonnée chic

832

La Sardaigne est la deuxième île de la Méditerranée après la Sicile. Bordée par la mer Tyrrhénienne et la mer de Sardaigne, elle est la plus ancienne terre d’Italie. Pour preuve, les fouilles archéologiques réalisées ces dernières années ont révélé les premiers signes de présence humaine au Paléolithique, soit 500 000 ans avant Jésus-Christ ! Dès lors, on ne s’étonne guère de la richesse du patrimoine sarde, toutes époques confondues.

Si vous abordez l’île par Cagliari, ne manquez pas une escapade à Pula, situé à une trentaine de kilomètres au sud. Face à la mer, le site archéologique de Nora nous embarque aux IIIe et IIe siècles avant J.-C., à l’époque de la conquête romaine. La visite guidée révèle des vestiges de demeures patriciennes, des mosaïques, des thermes bien conservés ou encore les fondations carthaginoises du temple de Tanit. Pour prendre la mesure du site, grimpez au sommet de la torre del Coltezzano. Bâtie au XVIe siècle par les espagnols, cette tour de guet offre un point de vue remarquable…

Le nuraghe, exception locale

La Sardaigne ne se cantonne pas, loin s’en faut, à ses côtes. Offrez-vous le plaisir de la curiosité en empruntant le chemin du Medio Campiano, une région agricole et préservée. A moins d’un kilomètre du village de Barumini, vous découvrirez Su Nuraxi. Petit conseil : ne vous fiez pas à votre impression initiale depuis la route. Le grand tas de pierres informe se révèle être l’une des merveilles de la Sardaigne, inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO… Le site abrite la plus belle forteresse nuragique de l’île, haute de plus de 15 mètres et mise au jour à la fin des années 1940. Construction défensive mégalithique, le nuraghe est une tour conique tronquée, emblématique de ce patrimoine propre à la Sardaigne. Si l’on en trouve d’autres sur l’île, celui de Su Nuraxi est assurément le plus intéressant et le mieux conservé. C’est en découvrant l’édifice de l’intérieur que vous saisirez toute son originalité car le tas de pierres est en réalité l’illustration d’une belle organisation défensive, remarquable de modernité.

Des villes aux villages

Les amateurs d’architecture se plaisent en Sardaigne. Les villages ont un parfum d’Italie, épicé d’indépendance insulaire. Dans la région d’Oristano-Bosa, Santu Lussurgiu est une pépite blottie au cœur des monts Montiferru, à 503 mètres d’altitude. Un centre médiéval à faire fondre les cœurs de pierre, des ruelles pavées et biscornues, des fleurs semées au gré des lubies et des vents. Le tout, sous la protection de Santa Maria degli Angeli, belle église du XVe siècle. A noter : l’Antica Dimora del Gruccione est une auberge à surligner de jaune fluo dans vos carnets. Non contente d’accueillir un hôtel délicieux, cette demeure aristocratique du XVIIIe abrite l’une des meilleures tables de Sardaigne : les produits frais et locaux flirtent avec bonheur sous la main du chef. Requinqués par toutes ces saveurs, vous êtes prêts pour reprendre la route en direction d’Alghero : sur la côte nord-ouest, la ville rayonne d’un joli mélange culturel. Influences catalanes, architectures mixées, son centre médiéval mérite assurément le coup d’œil, tout comme ses remparts et sa Piazza Civica, bordée de palais.

La Sardaigne n’a pas à rougir face aux beautés de l’Italie continentale. Castelsardo, village entièrement piéton, niché contre la montagne, attire les visiteurs en masse. Curieux d’art urbain ? Programmez une virée du côté d’Orgosolo : au nord, dans le Supramonte, elle a la particularité d’abriter des centaines de fresques murales, principalement nourries par des revendications politiques et luttes locales. Vous les trouverez le long du corso Reppublica, artère principale de la ville.

A lire aussi : Ile Maurice : partez à la découverte de la forêt Macchabée

A chacun sa plage

Vous êtes gagnés par l’appel de la grande bleue ? Soyez heureux, la Sardaigne a du répondant. Bien aimée des vacanciers, la Costa Smeralda (au nord-est) est aussi le spot préféré des peoples argentés. Pour prendre une bouffée de jet-set, Porto Cervo est tout indiqué. Pour des paysages balnéaires plus authentiques, mettez le cap au sud. Entre Olbia et Cala Gonone, les cartes postales se ramassent à la pelle.

Petite crique environnée de parois rocheuses et de bois, la plage de Cala Luna comblera vos attentes de sable fin et eau turquoise. Pour s’essayer à la plongée ? Filez à Capo Coda Cavallo ou au large de l’Isola Tavolara. Et si vous attendez plus qu’une eau limpide sur sable blond, la surprise de votre séjour pourrait bien se trouver sur la côte ouest. La Spiaggia di Piscinas est une large plage adossée à des dunes hautes de plus de 60 mètres ! Ce paysage insolite se mérite : on y accède par une modeste route de terre. Après la poussière, pas de poudre aux yeux. Le désert se vit aussi en bord de mer.