La gourmandise, c’est bon pour le poids

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Pour manger avec plaisir, sans grossir, c’est ce que Ariane Grumbach*, diététicienne – nutritionniste nous explique dans ce livre « la gourmandise ne fait pas grossir » (Carnets Nord). Elle nous dit ici comment lâcher prise, comment réviser ses croyances et son attitude par rapport à l’alimentation. Pour être bien avec la nourriture et bien dans son poids.

Qu’est-ce qui fait grossir ?

1) Le « trop » : « manger « trop » de tout, y compris trop d’aliments dits de régime. S’obliger à manger un yaourt et un fruit alors qu’on n’a plus faim, pour faire un « repas équilibré », c’est parfois « trop ». Idem un petit dej ‘ copieux si on n’aime pas ça. Il y a aussi la confusion entre « en-cas qui fait tenir jusqu’au dîner » avec « grignotage ».

2) Les idées reçues : croire que « les pâtes ça fait grossir/l’ananas fait maigrir », ce sont des croyances liées à des modes, aux intérêts des grands groupes industriels, sans aucun fondement sur le plan nutritionnel. Les pâtes, en soi, cela ne fait pas grossir, cela dépend de la quantité ingérée.

3) Se peser souvent : si l’aiguille de la balance vire à droite, on a le blues et on se console avec une sucrerie, si elle vire à gauche, on exulte et on fête ça avec une sucrerie. Se peser chaque jour, c’est créer du stress inutilement et ne pas tenir compte des variations normales liées aux hormones, aux émotions etc. Mieux vaut se peser une fois par semaine, en prenant toujours le même moment de référence. Avec les bracelets connectés, on risque de créer encore plus d’obsessions et d’anxiété qui sont des facteurs de prise de poids.

4) Compter les calories : cela revient à manger avec sa tête et non pas avec son corps et sa sensorialité. La variété, donnée importante quand on veut s’alimenter correctement, ne s’évalue pas en calories. Et il ne suffit pas de tenir compte de l’âge, de la taille, du sexe de la personne et de son mode de vie, pour évaluer les besoins nutritionnels. Télécharger une appli avec les tables de calories, c’est se créer un casse tête qui favorise les privations donc les risques de « craving » où on compense en mettant les bouchées doubles.

5) Faire du régime Détox : c’est juste un terme marketing. Les jus Détox, s’il s’agit d’un bouillon de légumes maison que l’on consomme entre deux repas riches, pour faire une pause digestive, c’est bien. Mais si cela remplace une alimentation normale, c’est aussi mauvais pour la santé et la ligne qu’une semaine « tout ananas ». Quant aux eaux Détox, il s’agit d’eaux parfumées, tout simplement.

Ce qui fait mincir/ garder son poids d’équilibre

1) Tout s’autoriser : on associe souvent diététique et privation. A s’interdire la raclette ou le chocolat, on risque d’en avoir encore un peu plus envie… En remettant ce qu’on aime à sa juste place, un aliment parmi tant d’autres, on aura moins cette envie omniprésente et on saura en manger de temps en temps sans conséquence sur la ligne.

2) Solliciter les cinq sens : en diversifiant son alimentation, on évite la lassitude et les moments de compensation, d’excès. En écoutant ses sensations dictées par le goût, la vue, l’odeur, on sait mieux identifier ses préférences, évaluer son appétit et son horloge interne.

3) Bouger sans forcément faire du sport : s’inscrire dans une salle où on ne mettra pas les pieds, parce qu’au fond, les appareils de muscu’, on déteste, c’est sans intérêt. On se tonifie et on garde sa ligne en prenant les escaliers et pas l’ascenseur, en allant au bureau à pied, en faisant le ménage etc. Bouger, comme les hommes préhistoriques. A vivre assis (assis au bureau, dans la voiture et devant la télé) on se prépare un avenir plein de kilos en trop et de maux de dos.

4) Ignorer le « sans gluten », « sans lactose » etc. : sauf intolérance identifiée, il n’y a aucune raison de s’interdire le pain, les pâtes et tout ce qu’on aime.

* elle fait partie du GROS (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids). Son blog « l’art de manger » parle de recettes et donne des conseils en nutrition.