Une insuffisance rénale est évoquée lorsque le taux de créatinine dans le sang, la créatinémie, est supérieure à 120 micromol/L (femme) ou 130 micromol/L (homme).

Insuffisance rénale légère

L’insuffisance rénale se caractérise par une incapacité plus ou moins importante du rein à exercer sa mission de filtration du sang ainsi qu’à assurer sa fonction hormonale correctement. Dès lors que les reins ne disposent pas d’un mode de fonctionnement optimal, l’organisme s’empoissonne peu à peu. En effet, les reins ont pour rôle essentiel de purifier le sang en éliminant les déchets qu’il contient. La gravité de l’insuffisance rénale est déterminée par le débit de filtration glomérulaire qui est mesuré par la clairance de la créatinine, c’est-à-dire par le rapport entre le débit urinaire de la créatinine et sa concentration dans le sang. Ainsi, l’insuffisance rénale est qualifiée de légère lorsque la clairance de la créatinine est comprise entre 60 et 89 ml/min/1,73 m².

Insuffisance rénale aiguë

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) se définit comme une baisse importante et subite du débit de filtration glomérulaire, valeur qui permet d’évaluer le fonctionnement des reins. Le débit de filtration est calculé à partir de la créatininémie, taux sanguin de créatinine, une protéine éliminée normalement par le rein. Il s’estime en millitres par minute et dépend entre autres du sexe et de l’âge du patient. On parle d’insuffisance rénale aiguë lorsque ce débit diminue Insuffisance rénalebrutalement : on distingue trois types d’IRA suivant le mécanisme en cause. L’origine peut être située au niveau du rein et être la conséquence d’une pathologie appelée néphropathie : c’est le cas notamment lors d’un arrêt brutal de l’apport de sang au rein, responsable d’une nécrose (mort cellulaire), et donc d’un arrêt de fonction. La cause peut aussi provenir d’une obstruction brutale au niveau des voies de l’écoulement des urines ce qui est le cas en cas de calcul au niveau des deux reins, ou quand un seul rein est opérationnel. Enfin, en cas de baisse de la circulation sanguine filtrée par les reins ce qui est le cas essentiellement en cas de déshydratation, une IRA fonctionnelle apparait. Une IRA peut être secondaire à de très nombreuses causes.

L’insuffisance rénale aiguë survient de manière brutale sur une durée de quelques heures à quelques jours. Le rein ne peut plus éliminer les déchets métaboliques et n’arrive plus à maintenir un bon équilibre hydroelectrolytique, résultant de la bonne régulation de l’eau et des électrolytes. Une augmentation de plus de 50% de la créatininémie par rapport à la valeur normale est un signe biologique témoignant d’une insuffisance rénale aiguë. L’insuffisance rénale aiguë survient le plus souvent après une chute brutale de la pression artérielle, lors d’une hémorragie, d’une septicémie, d’une complication opératoire…

Insuffisance rénale chronique

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est la diminution progressive et non réversible des capacités des reins. Peu à peu, ceux-ci deviennent incapables d’éliminer les déchets et les excès d’eau présents dans le corps. L’insuffisance rénale chronique est évaluée en fonction de la mesure du débit de filtration glomérulaire qui reflète les capacités des reins. On parle d’insuffisance rénale chronique lorsque ce débit calculé en fonction de plusieurs paramètres dont l’âge, et le sexe notamment, mais surtout de la créatininémie (taux de créatinine dans le sang, une protéine présente dans le sang et éliminée dans les urines) est inférieur à 60 millilitres par minute depuis plus de 3 mois. En fonction de ce débit, l’insuffisance rénale est dite modérée, sévère ou terminale. Généralement, l’insuffisance rénale chronique est due à une pathologie rénale d’évolution chronique (néphropathie), un diabète ou une hypertension. L’insuffisance rénale aiguë, elle, intervient de façon brutale et doit être distinguée (traitée à part).

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L’insuffisance rénale chronique toucherait environ 3 millions de Français (près de 10.500 nouveaux cas chaque année). C’est une complication de nombreuses pathologies comme le diabète, l’hypertension artérielle, la pyélonéphrite ou une maladie polykystique des reins. Elle s’installe le plus souvent en silence sans provoquer de symptômes et peut être découverte par hasard, lors d’un dosage de créatinine effectué par exemple lors d’un bilan systématique ou au cours de la surveillance d’une maladie chronique telle que le diabète ou l’hypertension artérielle.

Insuffisance rénale : Symptômes

Les signes cliniques de l’insuffisance rénale aiguë sont différents suivants si la cause est obstructive, touche le rein lui-même ou sa baisse de perfusion. Les IRA fonctionnelles surviennent souvent en cas de déshydratation, d’où la présence de symptômes de déshydratation comme la baisse de la tension artérielle, une tachycardie. Elles sont également possibles en cas de diminution du volume de sang circulant, comme dans certaines cirrhoses évoluées ou insuffisances cardiaques chroniques, d’où présence de signes en rapport avec ces pathologies. Les IRA obstructives se manifestent souvent par la présence de douleurs abdominales ou lombaires, l’absence d’émission d’urines, du sang dans Insuffisance rénaleles urines. Enfin, les signes en cas de pathologie touchant le tissu rénal à proprement parler sont très variables.

L’insuffisance rénale chronique en soi n’est pas responsable directement de signes cliniques. L’apparition des symptômes est souvent concomitante à l’apparition de ses complications. Des symptômes de la maladie en cause peuvent être retrouvés, ou des symptômes du retentissement de l’IRC comme une hypertension artérielle par exemple. L’évolution de l’insuffisance rénale chronique entraîne un retentissement cardiaque, une augmentation des dépôts artériels responsables de pathologies des vaisseaux (athérosclérose et les risques que cela implique), une déminéralisation osseuse, mais également de très nombreuses autres pathologies secondaires aux troubles du métabolisme variés engendrés.

Insuffisance rénale : Transplantation

La transplantation rénale peut être envisagée pour tous les patients en insuffisance rénale chronique dialysés ou en instance de l’être, qui en exprime la demande et qui ne présente pas de contre indications à cette greffe. Le patient doit réaliser un bilan de pré-transplantation avant de pouvoir prétendre être inscrit sur une liste d’attente. Cette inscription est validée par l’Etablissement français des Greffes.

C’est le traitement qui se rapproche le plus d’un rétablissement de la fonction rénale normale, mais elle implique parfois l’attente prolongé d’un organe compatible. Elle augmente l’espérance de vie et en améliore la qualité de vie.

Il s’agit d’une intervention chirurgicale visant à remplacer le rein ayant définitivement cessé de fonctionner par le rein « sain » d’un donneur. Ce rein peut provenir d’un donneur décédé en état de mort cérébrale ou de donneur vivant apparenté (conjoint, fratrie, parents…).

La transplantation nécessite un suivi médical régulier et la prise quotidienne d’un traitement médicamenteux (anti rejet) pouvant parfois avoir des effets secondaires.

La mise en évidence d’une insuffisance rénale aiguë obstructive sera faite par la clinique et confirmée par une échographie rénale qui montrera une dilatation des cavités des reins, appelées cavités pyélocalicielles. Parfois, une radiographie de l’abdomen (ASP) ou un scanner seront nécessaires. Pour les deux autres types, une prise de sang mettra en évidence une augmentation importante du taux de créatinine sanguine avec une diminution du débit de filtration glomérulaire. La recherche de la cause sera faite par la réalisation d’une échographie rénale, une analyse d’urine et éventuellement une biopsie rénale en cas de besoin pour le diagnostic d’une néphropathie.

La mise en évidence d’une insuffisance rénale chronique est faîte sur un prélèvement sanguin et le calcul par le laboratoire du débit de filtration glomérulaire : on parle d’IRC lorsque ce débit est inférieur à 60 ml.min. En dessous de 30, il s’agit d’une insuffisance rénale sévère, et elle est dite terminale en dessous de 15ml / min. Le diagnostic biologique est souvent complété par une échographie des voies urinaires qui montre une diminution de la taille des reins. Dans ce contexte, d’autres examens devront être pratiqués comme une quantification de la quantité de protéines dans le sang sur un recueil de 24 heures d’urines, pour rechercher la pathologie en cause.