L’endométriose touche la femme, et plus précisément l’endomètre qui est la couche interne de l’appareil génital féminin. Chez certaines femmes, l’endométriose peut rimer avec infertilité. Qui est concerné ? Quels sont les traitements et les solutions possibles pour assouvir un désir d’enfant ?

 L’endomètre a un rôle essentiel dans la fécondation. Chaque mois, il prend de l’épaisseur pour se préparer à accueillir l’ovule fécondé. Si aucun ovule n’est fécondé, la préparation de la nidation n’a plus de raison d’être et l’endomètre est éliminé naturellement : ce sont les règles menstruelles.

Pourquoi l’endométriose affecte la fertilité ?

Les données classiques estiment que 25 à 50 % des patientes présentant un problème d’infertilité ont une endométriose et qu’environ 30 à 50 % des femmes ayant une endométriose, auront un problème d’infertilité.

Une équipe de chercheurs londoniens 1 a mis en lumière un mécanisme qui expliquerait la relation entre endométriose et infertilité.

Ils ont ainsi extrait le liquide péritonéal de l’abdomen de six femmes diagnostiquées comme malades d’endométriose et de six femmes indemnes. Ce liquide est en contact avec les trompes de Fallope. Ces « tubes » contiennent à leur surface des cils épithéliaux qui vont amener délicatement l’ovule le long des trompes, jusqu’à sa rencontre avec un spermatozoïde.

En observant l’effet du liquide sur des trompes de Fallope prélevées chez des patientes ayant subi une hystérectomie pour fibromes, ils ont pu constater que la fréquence des vibrations ciliaires de l’épithélium des trompes était inférieure (de 24 %) avec le liquide émanant des femmes malades.

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Cette inhibition de la motilité des cils épithéliaux pourrait expliquer les problèmes d’infertilité des femmes atteintes d’endométriose. Si les substances inhibitrices sont identifiées, on peut espérer demain un traitement spécifique.

Autres mécanismes connus :

  • Augmentation des anticorps IgG et IgA, et des lymphocytes au niveau de l’endomètre pouvant affecter l’implantation embryonnaire ;
  • Les anomalies hormonales, dysovulation et effets délétères sur l’ovocyte ont été évoqués dans de nombreuses études, mais sans confirmation évidente ; néanmoins, des études récentes ont montré que les taux de grossesse chez les femmes bénéficiant d’un don d’ovocytes de donneuse présentant une endométriose modérée étaient diminués ;
  • Les principaux facteurs d’infertilité en cas d’endométriose restent liés auxlésions anatomiques (adhérences péri-tubo-ovariennes, altérations tubaires, endométriomes ovariens) ;
  • Une altération de la réserve ovarienne, en particulier quand la patiente a eu des kystes d’endométriose. Ces kystes envahissent l’ovaire et détruisent une partie du stock d’ovule.

L’endométriose : Une maladie complexe

Mais comment se manifeste cette maladie ? L’endomètre est un tissu qui recouvre l’utérus. Sous l’effet des hormones, l’endomètre va s’épaissir et s’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et saigne pour donner lieu aux règles.

Chez la femme atteinte d’endométriose, les cellules remontent et migrent via les trompes. Un tissu semblable au tissu endométrial se développe hors de l’utérus et provoque des lésions et des kystes ovariens sur les organes colonisés, ce qui provoque des douleurs. Cette maladie peut donc toucher toutes les femmes, de la puberté à la ménopause. Le souci, c’est que la maladie ne se dépiste pas facilement.

Les symptômes se limitent à des douleurs intenses pendant les règles et pendant les rapports sexuels ou encore lors des opérations de vidange de la vessie et des intestins. C’est pourquoi le symptôme n’est pas toujours associé à la maladie car beaucoup de femmes souffrent pendant les règles sans être pour autant atteintes d’endométriose.

Le diagnostic est d’autant plus difficile que les douleurs sont d’intensité variable en fonction du degré d’évolution de la maladie. « Il s’agit bien souvent d’une douleur invalidante, entraînant une incapacité totale ou partielle pendant quelques jours », précise notre interlocuteur à EndoFrance. D’où parfois, l’incapacité de mener une vie professionnelle, familiale, normale, liée à cette souffrance chronique.

C’est pourquoi la maladie est souvent découverte par hasard, avec un retard en moyenne de 5 ans sur son apparition. Et bien souvent c’est à l’occasion d’un bilan de fertilité que la maladie est découverte. Autant dire parfois trop tard pour les femmes souhaitant une grossesse.