Allaitement au sein ou biberon ? Bien plus qu’une simple question d’alimentation, le choix du mode d’allaitement fait entrer en jeu de nombreux paramètres médicaux, affectifs, économiques… Si bien que le choix est parfois difficile pour la toute nouvelle maman, déjà en quête de statut de « mère idéale ». Le point sur les mérites et inconvénients de chaque méthode.

Allaitement au sein ou biberon : Atout santé

La science a beau faire des progrès, certaines substances contenues dans le lait maternel restent inimitables. Une différence qui fait incontestablement pencher la balance santé du côté de l’allaitement.

Allaitement au sein ou biberon : Côté bébé

Le lait maternel est considéré comme l’aliment par excellence du bébé. Mais que possède-t-il de plus que les laits en poudre ?
Du sur mesure
Au sein, point de biberon, chauffe-biberon et stérilisateur : le lait maternel est toujours à disposition, stérile et à la bonne température. Il est en outre très digeste et biodisponible. Et la nature étant bien faite, il s’adapte aux besoins physiologiques du nourrisson, qui varient au fil des semaines, de la journée, et même, de la tétée.

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Ainsi, le colostrum (composant sécrété par les seins avant la montée de lait) est riche en cellules immunocompétentes, oligosaccharides et protéines, des éléments contribuant à protéger le nouveau-né, particulièrement vulnérable aux infections.
Du sur mesure en quantité également, car la production lactée obéit à la loi de l’offre et de la demande : plus le bébé tète, plus la production de lait augmente.

Allaitement au sein ou biberon : Une défense contre les infections

Le nouveau-né est un petit être en devenir : son système immunitaire n’est pas achevé et les anticorps maternels transmis in utero ne suffisent pas à faire face à tous les microbes et virus environnants.
Par les divers anticorps, protéines et cellules immunitaires qu’il renferme, le lait maternel contribue à pallier ce manque – sans toutefois assurer une protection à 100 %. Les immunoglobulines IgA sécrétoires, les lactoferrines, le lysozyme, les bifidobactéries et divers facteurs de croissance sont autant de substances qui contribuent à la prévention des infections chez l’enfant, en favorisant la maturation de ses défenses immunitaires.
Des études ont ainsi montré que les bébés nourris au sein pendant au moins trois mois présentaient moins d’infections respiratoires et de la sphère ORL (rhinites, otites) ; une prévention également démontrée pour les diarrhées aiguës infectieuses.

Allaitement au sein ou biberon : Une protection contre les allergies

A l’heure où la prévalence des allergies alimentaires dépasse 5 % chez l’enfant scolarisé, toutes les pistes de prévention sont étudiées : l’allaitement exclusif jusqu’à six mois en fait partie.
Une méta-analyse a démontré qu’un allaitement au sein de trois mois réduisait le risque de dermatite atopique, l’effet le plus significatif étant observé chez les enfants à terrain allergique.
Une étude récente de l’Inserm sur des souris a quant à elle mis en évidence une première preuve immunologique de l’effet préventif de l’allaitement maternel sur l’asthme. Lorsqu’une mère qui allaite respire des allergènes, ces allergènes sont transmis à l’enfant via le lait maternel. Or, la présence conjointe de l’allergène et d’une molécule immunosuppressive, la TGF beta, favoriserait chez le nourrisson le développement d’un état de tolérance.

Allaitement au sein ou biberon : Une prévention contre l’obésité

« L’existence d’un effet préventif de l’allaitement maternel vis-à-vis d’une obésité ultérieure est aujourd’hui probable, au moins jusque dans l’enfance et l’adolescence », atteste le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur les bénéfices de l’allaitement.
Une meilleure régulation au sein des quantités de lait ingéré et la présence de certains biofacteurs dans le lait maternel sont autant d’hypothèses retenues pour expliquer cet effet préventif, dont les mécanismes restent à ce jour inconnus.

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Mais n’oublions pas le facteur socio-économique : une maman qui s’investit dans l’allaitement est peut-être davantage attentive à l’alimentation de son enfant…
Plus intelligents les bébés allaités ?
C’est là un sujet qui fait débat… Si plusieurs études ont montré un QI légèrement supérieur chez les bébés allaités, il est difficile scientifiquement de définir ce qui tient de la composition du lait maternel ou de l’environnement.
L’allaitement maternel est en effet généralement associé à des niveaux socio-économiques et d’éducation plus élevés, mais aussi à un environnement affectif et une stimulation cognitive plus grande.

Allaitement au sein ou biberon : Côté maman

L’allaitement est, originellement, la suite logique de la grossesse. Allaiter son bébé, c’est donc suivre le cours de la nature, qui, décidément, est bien faite.

Allaitement au sein ou biberon : Une relation unique avec le bébé

Limiter les bénéfices de l’allaitement aux qualités nutritionnelles et biologiques du lait maternel est extrêmement réducteur. Donner le sein, c’est beaucoup plus encore !
Pour les psychanalystes, l’allaitement maternel constitue un élément majeur de la relation mère-enfant. Il permet au nourrisson et à sa mère de maintenir encore quelques semaines, voire quelques mois, le lien entre la vie anténatale et la vie postnatale. Le bébé continue à sentir l’odeur de sa mère, l’odeur de son sein (proche de celle du liquide amniotique), et de percevoir les battements de son cœur. Quant à la maman, l’allaitement est aussi le moyen de prolonger une relation exclusive à laquelle il est souvent difficile de renoncer après l’accouchement.

Allaitement au sein ou biberon : Une meilleure récupération après l’accouchement

Les sécrétions hormonales provoquées par la mise au sein diminuent le risque d’infections post-partum et aident l’utérus à reprendre sa forme, sa taille et sa tonicité.

Allaitement au sein ou biberon : Un climat hormonal favorable à la sérénité

L’allaitement requiert d’être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Heureusement, les hormones sont du côté de la maman allaitante pour lui faciliter la tâche. La prolactine accélère le passage en sommeil lent, donc sa capacité à récupérer. Elle permet également de se réveiller et se rendormir facilement plusieurs fois au cours de la même nuit.
Quant à l’ocytocine sécrétée pendant les tétées, elle crée un climat de détente et d’apaisement particulièrement propice au repos et à la somnolence.
Un perte de poids plus facile
Maman, mais aussi femme, retrouver sa ligne est une véritable préoccupation. L’allaitement est reconnu comme un facteur favorisant de la perte de poids postnatale. Certes, tout en douceur, mais réelle, à condition, bien sûr, d’avoir une alimentation équilibrée !
Certains kilos de la grossesse sont une réserve d’énergie destinée à la fabrication du lait. S’ils ne sont pas utilisés à cet effet, il faudra les éliminer autrement.

Allaitement au sein ou biberon : Un risque de cancer du sein diminué

Selon l’Inca (Institut national contre le cancer), douze mois d’allaitement (les durées s’accumulent avec les naissances) diminueraient le risque de cancer du sein de 4 à 5 %.
Encore une fois, il serait question d’hormones : plus l’imprégnation œstrogénique est importante, plus le risque de cancer du sein augmente. Or, pendant l’allaitement, cette imprégnation diminue.
De plus, après l’allaitement, l’organisme se débarrasse des cellules des seins dont l’ADN a pu être endommagé, réduisant le risque de cancer du sein, attestent les dernières recommandations du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer.